Les missions du poste

Établissement : Université Paris-Saclay GS Sociologie et Science Politique École doctorale : Sciences Sociales et Humanités Laboratoire de recherche : Institutions et Dynamiques Historiques de l'Economie et de la Société Direction de la thèse : Marc JOLY ORCID 0000000156824269 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-12T23:59:59 Dans les dispositifs pénaux contemporains, l'exécution de la peine ne s'achève plus avec la sortie de prison. En France comme en Allemagne, une part croissante de l'action pénale se déploie en milieu ouvert, à travers des dispositifs de suivi qui prolongent la contrainte au-delà de l'enfermement. Parmi ceux-ci, l'injonction de soins occupe une place spécifique : prononcée dans le cadre du suivi socio-judiciaire, elle articule contrainte pénale et prise en charge thérapeutique, notamment pour les personnes condamnées pour violences sexuelles sur mineur·e·s. Malgré l'extension de ces dispositifs, le travail quotidien des professionnel·le·s qui assurent ce suivi reste empiriquement sous-documenté.
Ce projet de thèse porte sur la façon dont les professionnel·le·s du soin, psychiatres, psychologues, infirmier·ère·s, rendent praticable ce suivi, c'est-à-dire comment ils·elles trouvent les arrangements pratiques, les formats de justification et les modes de coordination qui permettent au travail de se poursuivre dans un cadre d'injonctions contradictoires. La question centrale est : comment les professionnel·le·s rendent-ils·elles praticable le soin sous contrainte en milieu ouvert auprès des auteur·e·s de violences sexuelles sur mineur·e·s et dans quelle mesure les qualifications qu'ils·elles produisent, en entretien, en réunion d'équipe, dans les écrits, ont-elles une prise sur la continuité, l'ajustement ou l'interruption du suivi ?
L'enquête s'inscrit dans la sociologie du travail et des professions et prolonge les travaux de Lancelevée (2016) sur la psychiatrie forensique comparée en milieu fermé en France et en Allemagne vers le milieu ouvert, ainsi que les travaux de Gautron (2020, 2023) sur les tensions de l'injonction de soins.
Le choix de l'Allemagne répond à une logique de variation contrôlée : les deux pays ont été confrontés aux mêmes dynamiques de pénalisation de la récidive sexuelle dans les années 1990, mais ont produit des architectures institutionnelles contrastées : une séparation formelle des sphères soin/justice en France et une intégration constitutionnelle en Allemagne, où la réinsertion sociale est un principe à valeur constitutionnelle depuis 1973 qui structure différemment ce que les professionnel·le·s peuvent faire et dire.
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etc. Documenter empiriquement le travail de soin en milieu ouvert auprès des auteur·e·s de violences sexuelles sur mineur·e·s, en France et en Allemagne, à travers trois axes : l'espace professionnel et les savoirs qui structurent les pratiques ; les opérations de qualification en entretien de soin ; la circulation de ces qualifications dans la coordination interprofessionnelle. Ethnographie comparative sur deux terrains institutionnels spécialisés en France et en Allemagne. Observations directes prolongées (réunions d'équipe, entretiens de soin, temps informels), environ quarante entretiens semi-directifs avec des professionnel·le·s du soin, une dizaine d'entretiens avec des personnes suivies, analyse de documents institutionnels (comptes rendus, écrits de synthèse, notes de transmission). Terrain français en première année, terrain allemand en deuxième année. Conduite de l'enquête en Allemagne en allemand, sans intermédiaire.

Le profil recherché

Étudiant·e titulaire d'un master en sociologie ou en sciences sociales. Intérêt pour la sociologie du travail et des professions, la sociologie pénale ou la sociologie de la santé mentale. Expérience de terrain appréciée. Maîtrise de l'allemand oral et écrit indispensable pour la conduite de l'enquête à Berlin.

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