Les missions du poste


Établissement : Université Paris Cité École doctorale : Sciences du Sport, de la Motricité et du Mouvement Humain Laboratoire de recherche : Institut de Recherche bioMédicale et d'Epidemiologie du Sport Direction de la thèse : Adrien SEDEAUD ORCID 0000000284923579 Début de la thèse : 2026-10-07 Date limite de candidature : 2026-10-31T23:59:59 Le football féminin connaît une professionnalisation et une structuration rapides, accompagnées d'un développement croissant des parcours de formation dès le plus jeune âge. Cependant, les modèles de développement, d'évaluation et d'entraînement appliqués aux jeunes joueuses restent encore largement issus des connaissances établies chez les garçons et les hommes. Or, la croissance, la maturation biologique et leurs interactions avec l'entraînement sont susceptibles d'influencer les trajectoires de développement des qualités physiques et la manière dont les performances doivent être interprétées.
Cette thèse vise à caractériser le développement physique des joueuses de football tout au long du parcours de formation jusqu'au niveau professionnel et à identifier les déterminants physiques, physiologiques et contextuels associés à cette progression. Le projet s'appuiera sur le suivi longitudinal des joueuses du Paris Saint-Germain et s'articulera autour de cinq axes complémentaires : caractériser les exigences à l'entraînement et les profils de performance physique aux différentes étapes de la formation ; quantifier les exigences physiques en match, notamment lors des périodes les plus exigeantes ; modéliser les trajectoires longitudinales de développement de la force, de la vitesse et de l'explosivité en tenant compte notamment de la maturation et de l'âge d'entraînement ; étudier les adaptations à l'entraînement de la force et de l'explosivité en fonction du profil maturatif ; et identifier les facteurs physiques, de charge et contextuels associés à la transition vers le haut niveau.
À terme, ce projet doit permettre de mieux comprendre les trajectoires individuelles de développement des jeunes joueuses et de proposer un modèle longitudinal spécifique au football féminin permettant d'optimiser leur accompagnement au cours de la formation et leur transition vers le football professionnel.
Le football de haut niveau connaît depuis plusieurs années une augmentation progressive de ses exigences physiques, notamment concernant les actions réalisées à haute intensité, les sprints et les capacités explosives (Barnes et al., 2014 ; Datson et al., 2017 ; Ponce-Bordón et al., 2024). Dans ce contexte, le développement des qualités physiques au cours de la formation et la préparation progressive des joueuses aux exigences du niveau professionnel constituent des enjeux majeurs. Pourtant, la manière dont ces qualités se développent au cours du parcours de formation et les facteurs qui influencent leur évolution restent encore insuffisamment compris, particulièrement chez les jeunes joueuses.
Le développement d'une jeune athlète est un processus complexe, dynamique et fortement individualisé. L'évaluation des jeunes joueuses et l'estimation de leur potentiel reposent pourtant encore fréquemment sur des performances observées à un instant donné. Or, celles-ci peuvent être influencées par de nombreux facteurs liés au développement. À âge chronologique identique, deux joueuses peuvent notamment présenter des niveaux de maturation biologique, des âges relatifs et des expériences d'entraînement très différents, susceptibles d'influencer temporairement leurs capacités physiques et leur niveau de performance (Cobley et al., 2009 ; Malina et al., 2015 ; Sedeaud et al., 2025). Ces différences peuvent ainsi générer des biais dans l'évaluation, la comparaison et la sélection des jeunes joueuses, en favorisant notamment celles bénéficiant temporairement d'un avantage lié à leur développement biologique ou à leur expérience d'entraînement.
Dans cette perspective, l'âge chronologique ne peut constituer à lui seul un cadre suffisant pour comprendre le développement d'une joueuse. La prise en compte conjointe de l'âge relatif, de l'âge biologique et de l'âge d'entraînement (correspondant notamment à l'expérience accumulée dans un environnement de pratique structurée) permet de mieux contextualiser les performances observées et leurs évolutions. Plus largement, ces éléments soulignent les limites d'une approche statique du potentiel et l'intérêt de considérer davantage les dynamiques individuelles de progression et les trajectoires longitudinales de développement, plutôt que la seule performance atteinte à un âge donné.
Ces problématiques prennent une importance particulière dans le football féminin. Malgré la professionnalisation rapide de la discipline, les populations féminines restent largement sous-représentées dans la littérature scientifique consacrée au football, et les modèles de développement, d'évaluation et d'entraînement restent encore largement influencés par des connaissances issues de populations masculines (Datson et al., 2014 ; Emmonds et al., 2019 ; Paul et al., 2023). Les spécificités liées à la croissance, à la maturation et à l'environnement hormonal renforcent pourtant la nécessité de développer des connaissances propres aux jeunes joueuses.
Les données longitudinales permettant de suivre simultanément l'évolution des qualités physiques, l'exposition à l'entraînement et à la compétition, la maturation et la progression vers le niveau professionnel demeurent particulièrement limitées chez les jeunes footballeuses. Une meilleure compréhension de ces trajectoires et de leur variabilité interindividuelle apparaît ainsi nécessaire pour dépasser une lecture fondée uniquement sur l'âge chronologique ou sur la performance observée à un instant donné. Le suivi longitudinal des joueuses au sein du parcours de formation du Paris Saint-Germain offre à ce titre un environnement privilégié pour étudier le développement de la jeune joueuse, depuis la formation jusqu'au niveau professionnel, et mieux comprendre les facteurs associés à cette transition.
L'objectif général de cette thèse est de mieux comprendre le développement de la jeune joueuse de football au cours de son parcours de formation et les facteurs susceptibles d'influencer sa progression et sa transition vers le haut niveau professionnel. Pour répondre à cet objectif, le projet vise à caractériser et modéliser les trajectoires de développement physique des joueuses, de l'académie jusqu'au niveau professionnel, en considérant conjointement les exigences de l'entraînement et de la compétition, l'évolution des qualités physiques et l'influence de facteurs individuels tels que la croissance, la maturation biologique et l'âge d'entraînement.
Plus spécifiquement, il s'agira de caractériser les exigences physiques auxquelles les joueuses sont exposées aux différentes étapes de leur formation et leurs profils de performance ; d'étudier l'évolution longitudinale de qualités telles que la force, la vitesse et l'explosivité ; de mieux comprendre l'influence de la maturation biologique sur ces trajectoires et sur les adaptations à l'entraînement ; et enfin d'identifier les facteurs physiques, physiologiques, de charge et contextuels associés aux différentes trajectoires observées et à la transition vers le football professionnel.
À terme, ces travaux doivent permettre de mieux appréhender la variabilité interindividuelle du développement des jeunes joueuses et de fournir des connaissances permettant d'individualiser leur accompagnement au cours de la formation et d'optimiser leur transition vers le haut niveau.
Le projet reposera sur une approche longitudinale combinant l'exploitation rétrospective des données déjà collectées au sein du Paris Saint-Germain et un suivi prospectif des joueuses au cours de la thèse. La population étudiée comprendra les joueuses des différentes étapes du parcours de formation du club, de la préformation jusqu'à l'équipe professionnelle, permettant à la fois des comparaisons entre niveaux de pratique et l'étude des trajectoires individuelles de développement.
Le suivi reposera sur différentes sources de données complémentaires. Les exigences de l'entraînement et de la compétition seront caractérisées à partir des données de charge externe issues du suivi GPS et des indicateurs de charge interne. Les qualités physiques seront évaluées régulièrement à travers des tests de vitesse, de force, d'explosivité et de capacité aérobie. Ces données seront mises en relation avec différents indicateurs permettant de contextualiser le développement individuel des joueuses, notamment l'âge chronologique, l'âge relatif, la maturation biologique, l'âge d'entraînement, la composition corporelle et, selon les études, des indicateurs du statut endocrinien.
Les travaux associeront plusieurs approches complémentaires : comparaison des exigences physiques entre les différentes étapes du parcours de formation ; analyse des exigences locomotrices de match et des périodes les plus exigeantes ; modélisation longitudinale des trajectoires de développement de la force, de la vitesse et de l'explosivité ; étude des adaptations à un programme d'entraînement en fonction du profil maturatif ; et analyse rétrospective des trajectoires des joueuses selon l'issue de leur parcours vers le haut niveau.
Les analyses statistiques s'appuieront notamment sur des modèles longitudinaux et multivariés permettant de tenir compte de la répétition des mesures et de la variabilité interindividuelle. Des approches de classification et de modélisation des trajectoires seront également utilisées afin d'identifier différents profils de progression et d'explorer les facteurs associés au développement physique et à la transition vers le niveau professionnel.

Le profil recherché

- Solides connaissances en sciences du sport, physiologie de l'exercice et développement de la performance
- Compétences en analyse statistique et traitement de données, avec maîtrise ou intérêt marqué pour R et/ou Python
- Capacité à gérer, structurer et analyser des bases de données longitudinales complexes
- Maîtrise des principes de méthodologie de la recherche, de la conception d'un protocole à l'interprétation et à la valorisation des résultats
- Connaissances en monitoring de la charge, évaluation des qualités physiques et développement à long terme de l'athlète
- Intérêt pour les problématiques spécifiques au développement de la sportive, notamment la maturation biologique et les facteurs hormonaux
- Capacité d'analyse critique de la littérature scientifique et bonnes qualités rédactionnelles
- Rigueur, autonomie, curiosité scientifique et capacité à conduire un projet sur le long terme
- Capacité à travailler dans un environnement pluridisciplinaire et à faire le lien entre recherche scientifique et pratique de terrain

Compétences requises

  • Statistiques
  • Gestion des données
  • Python
  • Autonomie
  • Monitoring
  • Maturation
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