Les missions du poste

Contexte du projet
AfricaSilkS vise à identifier et caractériser les soies sauvages d'Afrique de l'Ouest, encore très mal connues, en associant biochimie, entomologie et sciences humaines et sociales.


Les soies dites sauvages, produites par des espèces séricigènes autres que le ver à soie du mûrier, principalement de la famille des Saturniidae, sont mobilisées depuis des siècles par les artisans d'Afrique de l'Ouest, du Sénégal au Cameroun. Leur identification biochimique en laboratoire reste pourtant floue : les protocoles existants, développés pour le Bombyx mori, sont peu efficaces sur des cocons aux caractéristiques biochimiques très différentes.


Le projet entend lever ce verrou en développant des protocoles d'identification adaptés à ces espèces, puis en les appliquant à des objets conservés dans les collections muséales. L'objectif est d'alimenter une base de données de référence sur les soies sauvages, utile aussi bien aux chercheurs qu'aux conservateurs.


Le projet est porté par Annabel Vallard (CR CNRS, anthropologue, CASE UMR 8170), en partenariat avec Joëlle Vinh (DR CNRS, SMBP UAR 2051) qui coordonne le volet biochimie. Il réunit des entomologistes du MNHN, des historiennes et ethnologues des textiles, et des partenaires au Burkina Faso et en Côte d'Ivoire. Il est financé pour 2026-2027 dans le cadre de l'appel à projets CNRS « Textile : de l'art aux matériaux ».


Mission
L'ingénieur·e recruté·e prendra en charge le volet protéomique du projet : adapter les protocoles de préparation et d'analyse aux soies sauvages, produire les données de spectrométrie de masse sur les échantillons de référence et les objets de collection, et contribuer à la base de données
d'identification qui en découlera.


La mission est à la fois méthodologique et applicative : il s'agit d'abord de rendre opérantes sur ces matériaux des techniques éprouvées ailleurs, puis de les mettre à l'épreuve sur des échantillons patrimoniaux précieux et souvent dégradés.


Activités


Préparation des échantillons


Adapter aux soies sauvages les protocoles de décreusage des cocons et de purification des protéines de soie, peu efficaces en l'état car conçus pour le Bombyx mori


Mettre au point la préparation d'échantillons patrimoniaux, en quantité limitée et parfois dégradés, dans une logique d'analyse la moins invasive possible


Documenter chaque protocole de façon reproductible
Analyse par spectrométrie de masse


Réaliser les analyses nanoLC-MS/MS sur les échantillons de référence et les objets de collection


Participer aux analyses complémentaires menées dans le projet, notamment FTIR et MEB, en lien avec les partenaires concernés


Assurer le suivi des instruments et la qualité des données produites
Traitement et valorisation des données


Interpréter les données protéomiques en vue de l'identification des espèces séricigènes


Contribuer à la construction de la base de données de référence sur les soies sauvages


Participer à la rédaction des publications et présenter les résultats lors des réunions de projet
Travail collaboratif


Échanger avec les entomologistes, historiennes et anthropologues du projet sur l'interprétation des résultats


Dialoguer avec les conservateurs des collections mobilisées


Contribuer à la réflexion méthodologique du projet sur les pratiques expérimentales

Le profil recherché

Profil
Formation : diplôme d'ingénieur ou master 2 en chimie analytique, biochimie, biologie ou sciences des matériaux. Un doctorat n'est pas requis.


Expérience : première expérience en laboratoire d'analyse, stage de fin d'études compris. Le poste s'adresse à un·e jeune ingénieur·e, qui sera formé·e aux spécificités des matériaux étudiés.


Les candidatures de profils venant des sciences du patrimoine ou de l'archéométrie sont bienvenues, dès lors que les bases en spectrométrie de masse sont acquises

Compétences recherchées
Indispensables
Pratique de la spectrométrie de masse appliquée aux protéines, en particulier le couplage
nanoLC-MS/MS
Maîtrise des techniques de préparation d'échantillons protéiques : extraction, purification,
digestion enzymatique
Traitement et interprétation de données protéomiques, avec les logiciels dédiés
Rigueur dans la traçabilité des protocoles et la tenue des données
Appréciées
Expérience sur des échantillons anciens, dégradés ou disponibles en faible quantité
Connaissance des protéines fibreuses, en particulier les fibroïnes et séricines
Notions de bio-informatique ou de programmation, par exemple R ou Python, pour le traitement des données
Familiarité avec la FTIR ou la microscopie électronique à balayage
Anglais scientifique écrit et oral


Qualités attendues
Le projet est résolument interdisciplinaire : vous travaillerez avec des entomologistes, des anthropologues et des historiennes des textiles. La capacité à expliquer vos résultats à des interlocuteurs non chimistes, et à tenir compte de leurs contraintes, comptera autant que la maîtrise technique. L'autonomie et le goût pour la mise au point méthodologique sont également essentiels, une large part du travail consistant à adapter des protocoles existants à des matériaux sur lesquels ils n'ont jamais été éprouvés.

Compétences requises

  • Gestion des données
  • Python
  • Microscopie électronique à balayage (MEB)
  • Programmation
  • Anglais
  • Autonomie
  • Spectrométrie de masse
  • Bio-informatique
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