Les missions du poste


Établissement : Université Paris-Saclay GS Life Sciences and Health École doctorale : Signalisations et Réseaux Intégratifs en Biologie Laboratoire de recherche : Laboratoire Physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur Direction de la thèse : Valeria MARTINEZ ORCID 0000000305523583 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-10-15T23:59:59 Place de l'enseignement en réalité virtuelle dans la formation initiale des étudiants en santé à la prise en charge d'un patient exprimant un souhait de hâter sa mort.

Porteurs / environnement : UFR Santé Simone Veil - UVSQ; Centre Hospitalier de Versailles; CESP U1018 INSERM/UPS/UVSQ. Le projet s'inscrit dans la dynamique UNIVEReSANTÉ et dans le développement d'une plateforme de simulation immersive pour les formations en santé.

Contexte et justification : L'expression d'un souhait de hâter sa mort par un patient en situation palliative constitue une situation clinique fréquente, complexe et émotionnellement engageante. Elle ne correspond pas nécessairement à une demande d'aide active à mourir: elle peut traduire une souffrance physique, psychique, existentielle ou sociale, un besoin de contrôle, une peur ou un appel au secours. La posture du soignant, sa capacité d'écoute et d'exploration, ainsi que ses compétences relationnelles conditionnent la qualité de la réponse clinique. Or les étudiants en santé disposent de peu d'enseignements pratiques sur ces situations, alors même qu'ils y seront confrontés dans leur exercice futur.

Objectif général : Concevoir, implémenter et évaluer un enseignement innovant fondé sur la réalité virtuelle immersive (RVi) pour former les étudiants en médecine et en soins infirmiers à l'accueil d'un souhait de mort exprimé par un patient simulé.

Le projet se déroulera en trois étapes. La première année sera consacrée au développement et à l'évaluation de la faisabilité, de l'acceptabilité et de l'utilisabilité du scénario de réalité virtuelle immersive. La deuxième année explorera les réactions spontanées des étudiants face à un patient exprimant un souhait de hâter sa mort, à partir d'analyses qualitatives des interactions et des postures relationnelles. Enfin, les années 2 et 3 permettront d'évaluer, dans une étude comparative prospective, l'efficacité pédagogique de la réalité virtuelle immersive par rapport à un enseignement traditionnel sur les connaissances, le sentiment d'auto-efficacité, la satisfaction et l'évolution des apprentissages.


Population cible : Étudiants en médecine de 2ème cycle et étudiants infirmiers de 3ème année, avec une perspective de formation pluriprofessionnelle et d'extension progressive à d'autres filières de santé.

Originalité du projet : La RVi permet de confronter un grand nombre d'étudiants à une situation rare, sensible et difficilement standardisable en stage, dans un cadre sécurisé, reproductible et propice au débriefing. Elle répond aux contraintes de ressources enseignantes en soins palliatifs tout en préservant l'engagement émotionnel et cognitif nécessaire à l'apprentissage expérientiel.

Retombées attendues : Le projet produira un scénario pédagogique validé, des données sur l'acceptabilité et l'utilisabilité de la RVI, une description des réactions spontanées des étudiants et une évaluation comparative de l'effet de la RVi sur les connaissances, le sentiment d'auto-efficacité et la satisfaction ainsi que le vécu personnel. À terme, il vise à renforcer la préparation des futurs soignants à l'accueil des demandes de mort, à améliorer la qualité relationnelle des soins palliatifs et à proposer un modèle transférable d'enseignement immersif pour les situations cliniques complexes.

Valorisation scientifique prévue : Trois articles sont envisagés : 1) développement et faisabilité du scénario ; 2) réactions spontanées des étudiants face au souhait de mort ; 3) comparaison RVi versus enseignement traditionnel sur les apprentissages et leur maintien à 6 et 12 mois.
Le souhait de hâter sa mort constitue une situation fréquente en soins palliatifs, complexe sur les plans clinique, relationnel et éthique. Son expression ne correspond pas nécessairement à une demande d'aide active à mourir mais peut refléter une souffrance physique, psychologique, existentielle ou sociale. Les compétences de communication et d'exploration du soignant sont déterminantes pour apporter une réponse adaptée. Pourtant, les étudiants en santé bénéficient encore de peu d'enseignements expérientiels sur ces situations. La réalité virtuelle immersive représente une innovation pédagogique prometteuse permettant de standardiser l'exposition à des situations complexes, d'améliorer l'engagement cognitif et émotionnel des apprenants et de faciliter un déploiement à grande échelle. Les données disponibles sur son utilisation dans la formation à la communication en soins palliatifs restent toutefois limitées.Les neurosciences cognitives montrent que les apprentissages expérientiels, l'immersion, les émotions et le débriefing favorisent l'encodage mnésique, le transfert des connaissances et le développement des compétences non techniques. La réalité virtuelle constitue ainsi un modèle particulièrement pertinent pour explorer ces mécanismes dans la formation des professionnels de santé. Le projet vise également à étudier les réactions spontanées des étudiants, à analyser les processus cognitifs, émotionnels et relationnels mobilisés dans cette situation clinique complexe, et à mesurer l'impact de cette modalité pédagogique sur les connaissances, le sentiment d'auto-efficacité, les compétences relationnelles et les compétences non techniques. Enfin, il a pour objectif de proposer un modèle pédagogique reproductible fondé sur les principes des neurosciences de l'apprentissage, transférable à la formation initiale des professionnels de santé. Programme de recherche mixte conduit sur trois ans :

développement puis validation d'un scénario immersif en réalité virtuelle ;
étude pilote de faisabilité, d'acceptabilité et d'utilisabilité ;
étude qualitative des réactions spontanées des étudiants à partir des verbatim et de l'analyse des postures relationnelles ;
étude comparative prospective quasi-expérimentale comparant la réalité virtuelle immersive à un enseignement traditionnel, avec évaluation des connaissances, du sentiment d'auto-efficacité, de la satisfaction et du maintien des apprentissages à court et moyen terme

Le profil recherché

Le projet s'adresse à un candidat présentant un intérêt marqué pour les neurosciences, les sciences cognitives, la pédagogie en santé et les soins palliatifs. Une expérience ou une appétence pour la simulation en santé, la réalité virtuelle immersive, les sciences de l'éducation ou les méthodes de recherche mixtes constituera un atout. Le candidat devra s'intéresser aux mécanismes de la communication soignant-patient, à la communication interprofessionnelle, aux compétences non techniques (communication, empathie, prise de décision, régulation émotionnelle) ainsi qu'aux processus d'apprentissage expérientiel. Une aptitude au travail interdisciplinaire, à l'analyse qualitative et quantitative, ainsi qu'à la rédaction scientifique en anglais est attendue.

Compétences requises

  • Anglais
  • Capacité d'écoute
  • Réalité virtuelle
  • Empathie
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