Thèse les Mobilités des Objets en Alliage Ferreux dans le Regnum Francorum le Cas des Bassins du Rhin et de la Meuse Entre le 6E et le 10E Siècles H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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Les missions du poste
Établissement : Université Paris-Saclay GS Humanités - Sciences du Patrimoine École doctorale : Sciences Sociales et Humanités Laboratoire de recherche : Equipe Archéologie du Laboratoire Archéomatériaux et Prévision de l'Altération Direction de la thèse : Philippe DILLMANN ORCID 0000000332261611 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-09-01T23:59:59 Les recherches récentes ont considérablement modifié la vision que nous avions encore il y a quelques décennies des structures sociales et économiques en Europe pendant le haut Moyen Âge. Nous savons désormais que les infrastructures complexes établies par les Romains n'ont pas simplement disparu, mais ont laissé place à de nouveaux modes de production qui n'ont rien de régressif contrairement à ce qui était envisagé. Cependant, ce modèle reste trop général pour analyser avec suffisamment de précision la manière dont la majorité de la population (c'est-à-dire les gens du commun) interagissait sur le plan économique, et la façon dont les matériaux et les idées circulaient à travers l'Europe à cette époque.Le fer était largement accessible à presque tous. Il occupe une place centrale dans toutes les cultures matérielles observables dans l'Europe médiévale, comme en témoigne la découverte quasi systématique d'un grand nombre d'objets en fer dans des contextes archéologiques datés entre 450 et 900 apr. J.-C. Ce métal est utilisé dans tous les domaines socio-économiques : agricole, artisanal, religieux et militaire. La capacité à équiper l'ensemble de ces domaines avec des objets ferreux a dû constituer une pratique économique clé dans l'Europe du haut Moyen Âge. Il ne fait plus aucun doute que tous les niveaux sociaux des sociétés du haut Moyen Âge étaient impliqués dans la production et la consommation du fer.Les recherches récentes et en cours sur les établissements du haut Moyen Âge, où subsistent des vestiges d'ateliers de réduction ou de forge, suggèrent fortement que les métallurgistes étaient approvisionnés en produits ferreux intermédiaires provenant de multiples origines, certaines situées à plusieurs centaines de kilomètres de distance.Peu de recherches pertinentes ont été engagées en raison du manque de données de référence, nécessaires pour observer l'origine et la circulation ultérieure des alliages ferreux. Cependant, les récents progrès dans les analyses scientifiques des métaux ferreux anciens permettent désormais de créer, pour ainsi dire, des « empreintes digitales » des minerais de fer de différentes régions. celles-ci peuvent être comparées à la composition chimique des objets en fer pour déterminer l'origine du minerai dont ils sont issus. Cela ouvre des possibilités inédites pour analyser les échanges de produits ferreux, qu'il s'agisse d'objets finis, de produits semi-finis ou de matières premières.Malgré ces avancées fondamentales, des recherches supplémentaires sont nécessaires. Pour répondre aux questions de recherche, ce travail de thèse a deux objectifs :1. Découvrir quelles étaient les modalités de production et de consommation du fer dans des régions clés de l'Europe du haut Moyen Âge. Les bassins de la Meuse et du Rhin revêtent une importance particulière, en tant que région d'origine de la lignée politique dominante en Europe occidentale. Cette zone est également parcourue par un réseau dense de routes et de fleuves.2. Développer un cadre numérique pratique pour aider divers collaborateurs à travers l'Europe à acquérir, gérer et analyser des données chimiques, essentielles pour étudier la circulation du fer à des échelles locale, régionale et paneuropéenne. Ce cadre devra par la suite être utilisé comme un outil numérique standard, permettant des analyses basées sur des données massives. Ce travail sera réalisé au sein d'un collectif de recherche composé d'historiens, d'archéologues, d'anthropologues et d'archéomètres, qui se focaliseront sur l'étude des nécropoles et des lieux de rencontres des communautés, dans le cadre d'un projet européen collaboratif ERC-Synergy. L'objectif principal de cette thèse de doctorat est de reconsidérer les modèles actuels relatifs aux structures économiques et à la connectivité des communautés humaines durant les premiers siècles du Moyen Âge (VIe-Xe siècles) dans une perspective paneuropéenne. Les réseaux d'échange des métaux seront étudiés aux échelles locale, régionale et extrarégionale pour mieux comprendre les pratiques économiques et les mobilités au cours du haut Moyen Âge. Examens métallographiques et caractérisations chimiques (principalement MEB-EDS et LA-ICP-MS) Traitement de données avec R et/ou Python : approches statistiques et machine learningSystème de gestion de bases de données, Modélisation des réseaux (graphes).
Le profil recherché
Ingénieur ou Master en Science des matériauxMaster en archéométrieMaster en archéologie avec formation en archéométrie- Il est attendu que la/le doctorant.e réalise des examens métallographiques et des caractérisations chimiques (principalement MEB-EDS et LA-ICP-MS) sur un large corpus d'objets archéologiques. Pour cela, elle/il doit disposer au minimum de connaissances/compétences de base en caractérisation physico-chimique des matériaux métalliques. - De bonnes connaissances du contexte archéologique et historiques sont attendues. - la capacité à mener des traitements de données (statistiques multivariées, apprentissage automatique, etc) ad hoc, est requise. Enfin, la capacité à programmer dans les langages de programmation utilisés par l'environnement scientifique (R, Python) serait un plus.
Compétences requises
- Statistiques
- Gestion des données
- Python
- Microscopie électronique à balayage (MEB)
- Gestion de base de données
- Machine learning
- Langages de programmation
- KPI
- Chimie