Thèse Sécurité Alimentaire et Transferts en Nature dans les Pays à Haut Revenu une Étude des Banques Alimentaires en France H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université Paris-Saclay GS Economie & Management École doctorale : Droit, Economie, Management Laboratoire de recherche : PSAE - Paris-Saclay Applied Economics Direction de la thèse : Olivier ALLAIS ORCID 0000000248495255 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-31T23:59:59 La sécurité alimentaire demeure un enjeu important dans les pays à haut revenu, malgré l'existence de systèmes de protection sociale développés. En Europe et en Amérique du Nord, 8,1% de la population connaît des situations d'insécurité alimentaire, définies comme n'ayant pas un accès régulier à une quantité suffisante d'aliments sûrs et nutritifs pour mener une vie active et saine. Ce constat met en évidence les limites des dispositifs existants et interroge leur capacité à couvrir efficacement l'ensemble des besoins. Dans ce contexte, les dispositifs d'aide alimentaire, en particulier les banques alimentaires, jouent un rôle croissant en complément des transferts monétaires traditionnels, en fournissant directement des biens essentiels aux populations vulnérables.
Ce projet de thèse vise à analyser le rôle des transferts en nature dans la lutte contre l'insécurité alimentaire, en se concentrant sur le cas des banques alimentaires en France. Il s'inscrit dans le débat économique sur l'arbitrage entre transferts monétaires et transferts en nature, en apportant des éléments empiriques permettant de comparer le ciblage, l'acceptabilité et l'efficacité de ces deux types de transferts. Il contribue également à une meilleure compréhension du rôle des acteurs non étatiques dans les systèmes de protection sociale, ainsi que des interactions entre les politiques publiques et les initiatives privées.
Le projet repose sur l'exploitation de plusieurs sources de données complémentaires, notamment des données inédites issues d'un partenariat entre l'INRAE et la Fédération Française des Banques Alimentaires, des enquêtes représentatives de l'INSEE (notamment SRCV et CAMME), ainsi que des données de haute fréquence de prix d'achat d'un ensemble représentatif de produits (Kantar). Cette richesse de données permet une analyse conjointe de la demande et de l'offre d'aide alimentaire, ainsi que de leur évolution dans le temps et dans l'espace, en mobilisant des méthodes économétriques avancées.Le premier chapitre porte sur l'écart entre l'insécurité alimentaire et le recours à l'aide, en identifiant les déterminants du non-recours, tels que les contraintes d'accès, la qualité perçue de l'aide ou les stigmates associés. Le deuxième chapitre évalue l'impact des politiques de réduction du gaspillage alimentaire sur la quantité et la qualité des denrées distribuées par les banques alimentaires, en exploitant les variations spatiales d'exposition à la loi Garot de 2016, qui impose aux grandes surfaces de conclure des conventions de don avec des associations et restreint la destruction des denrées invendues. Le troisième chapitre analyse les effets des chocs inflationnistes récents sur la demande et l'offre d'aide alimentaire, en tenant compte de l'hétérogénéité de l'inflation selon les groupes de revenus et les territoires.
Ce projet contribuera à la littérature sur les transferts en nature en apportant des résultats empiriques nouveaux sur leur fonctionnement, et leur efficacité dans les pays à haut revenu. Il fournira également des éléments utiles à la conception de politiques publiques visant à améliorer le ciblage, l'accessibilité, l'acceptabilité et la résilience des dispositifs d'aide alimentaire face aux chocs économiques.
Malgré l'existence de systèmes de protection sociale développés, l'insécurité alimentaire persiste dans les pays à haut revenu. Ce constat interroge l'efficacité et la complémentarité des différents instruments de politique publique. La littérature économique souligne un arbitrage entre transferts monétaires et transferts en nature : les premiers maximisent la liberté de choix, tandis que les seconds peuvent répondre à des objectifs de ciblage, d'acceptabilité politique ou paternalistes.
Les banques alimentaires constituent une forme particulière de transfert en nature, reposant largement sur des acteurs privés et sur des dons, et jouent un rôle croissant dans les systèmes de protection sociale. Toutefois, plusieurs questions restent ouvertes : l'ampleur du non-recours à l'aide alimentaire, les déterminants des barrières d'accès, les interactions entre politiques publiques (notamment de lutte contre le gaspillage) et offre d'aide, ainsi que la capacité du système à absorber des chocs économiques.
Ce projet s'inscrit dans cette littérature en apportant une contribution empirique fondée sur des données inédites et en mobilisant des méthodes économétriques récentes. Ce projet de thèse vise à analyser le rôle des transferts en nature dans la lutte contre l'insécurité alimentaire, en se concentrant sur le cas des banques alimentaires en France. Trois objectifs principaux sont poursuivis. Premièrement, mesurer et expliquer l'écart entre la prévalence de l'insécurité alimentaire et le recours effectif à l'aide alimentaire, en identifiant les déterminants du non-recours. Deuxièmement, évaluer l'impact des politiques publiques de réduction du gaspillage alimentaire sur la quantité et la qualité nutritionnelle des denrées distribuées par les banques alimentaires.
Troisièmement, analyser la capacité du système d'aide alimentaire à répondre à des chocs macroéconomiques, en particulier inflationnistes, affectant simultanément l'offre et la demande d'aide. Le projet repose sur la combinaison de plusieurs sources de données complémentaires. Il mobilise des données administratives inédites issues d'un partenariat entre l'INRAE et la Fédération Française des Banques Alimentaires (FFBA), fournissant des informations détaillées sur les points de distribution ainsi que sur les bénéficiaires des banques alimentaires. Ces données sont couplées à des enquêtes représentatives de l'INSEE (SRCV et CAMME) et à des données données de haute fréquence de prix d'achat d'un ensemble représentatif de produits (donnée d'achats Kantar).
L'analyse empirique s'articule autour de trois axes.
Le premier repose sur une analyse descriptive et économétrique du non-recours à l'aide alimentaire, combinant plusieurs enquêtes pour en identifier les déterminants individuels, spatiaux et temporels.
Le deuxième mobilise une stratégie en différences de différences avec traitement continu pour évaluer l'impact de la loi Garot sur l'offre d'aide alimentaire, en exploitant la variation d'exposition au traitement des territoires.
Le troisième combine des indices de prix hétérogènes et des modèles économétriques pour analyser l'impact de l'inflation sur la demande et l'offre d'aide alimentaire.
Le profil recherché
Le candidat devra être titulaire d'un Master en économie, avec une spécialisation en économie appliquée, économétrie ou politiques publiques. Une solide formation en méthodes quantitatives, notamment spatiales, est requise, ainsi qu'une bonne maîtrise des outils de programmation (R, Stata ou équivalent). Une appétence pour les thématiques liées à la consommation, aux inégalités et aux politiques sociales est attendue. La capacité à travailler avec des données complexes et à s'inscrire dans un projet collaboratif constitue un atout.