Thèse Inégalités Sociales et Territoriales dans le Recours au Dépistage Organisé du Cancer du Col de l'Utérus et dans les Trajectoires de Soins Post-Dépistage en France une Analyse Croisée à Parti H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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Les missions du poste
Établissement : Université Paris-Saclay GS Santé publique École doctorale : Santé Publique Laboratoire de recherche : Centre de Recherche en épidémiologie et Santé des populations Direction de la thèse : Gwenn MENVIELLE ORCID 0000000232616366 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-08T23:59:59 Ce projet de thèse vise à analyser les inégalités sociales et territoriales dans le recours au dépistage organisé du cancer du col de l'utérus (PNDOCCU) en France, ainsi que dans les trajectoires de soins qui en découlent. En s'appuyant sur les bases médico-administratives de l'EDP et les données des CRCDC, la recherche abordera trois problématiques principales :
- Les trajectoires de non-recours au dépistage organisés du cancer du col de l'utérus (DOCCU) et de sur-dépistage (fréquence de dépistage supérieure aux recommandations de la HAS).
Le projet répondra aux questions suivantes : Quels sont les types de non-recours (récurrent, intermittent), de sur-dépistage et quelles sont leur ampleur ? Quelles sont les caractéristiques sociales, médicales (antécédents médicaux, participation aux deux autres dépistages organisés sein, colon) et territoriales des femmes qui ne participent jamais au dépistage organisé ou qui n'y participent que partiellement ainsi que les caractéristiques de celles qui participent au-delà des recommandations de la HAS en termes de fréquence ? Et quels sont les types de sur-dépistage (ponctuel ou régulier) ?
- Les trajectoires de soins après un dépistage positif.
Le projet répondra aux questions : Quelles sont les trajectoires de soins après un dépistage positif ? Comment ces trajectoires de soins varient-elles selon les contextes sociaux et territoriaux ? Quels facteurs sont associés aux retards ou interruptions de prise en charge ?
- Les trajectoires de sur-traitement.
Le projet répondra aux questions suivantes : Dans quelle mesure observe-t-on du sur-traitement notamment pour des lésions bas grades pour lesquelles un traitement a été initié ? Quels profils de femmes sont le plus exposés à ces pratiques ?
L'analyse repose sur une mobilisation complémentaire de plusieurs bases de données, articulées selon les axes du projet, sans chaînage individuel entre elles.
Les données des CRCDC permettront d'identifier les examens de dépistage réalisés dans le cadre du programme, leurs résultats, les délais de prise en charge ainsi que les pratiques de suivi après un test positif.
La base EDP sera mobilisée pour documenter les caractéristiques sociales et territoriales des femmes (niveau de vie, composition du foyer, niveau d'études, trajectoires résidentielles), ainsi que la temporalité des recours au dépistage.
Plus précisément, l'axe 1 s'appuiera exclusivement sur la base EDP afin d'analyser les déterminants sociaux et territoriaux des trajectoires de non-recours, de recours intermittent et de sur-recours au dépistage, à partir d'indicateurs socio-économiques.
Les axes 2 et 3 mobiliseront les données des CRCDC pour étudier les trajectoires de soins après un test positif, les délais et ruptures de prise en charge, ainsi que les situations de sur-traitement au regard des recommandations en vigueur.
Cette articulation par axes permet d'explorer, à des niveaux complémentaires, les inégalités sociales, territoriales et organisationnelles des parcours de dépistage et de soins, sans recourir à un chainage des bases de données.
En France, les dépistages organisés des cancers du sein, du col de l'utérus et colo-rectal, constituent un pilier central de la politique de prévention des cancers, en complément de la prévention primaire et pour le CCU, de la vaccination contre le HPV. L'efficacité du dépistage organisé repose sur une double condition : une participation large et équitable de la population cible, et une prise en charge rapide et adéquate après un test de dépistage positif. Malgré sa structuration nationale, les taux de participation au PNDOCCU restent inférieurs à ceux recommandés au niveau européen, en particulier auprès de certaines populations. Les études existantes montrent ainsi que les populations précaires, isolées ou vivant dans des zones sous-dotées en offre de prévention et de soins participent moins au dépistage du CCU. Cependant, la plupart des travaux sont transversaux, centrés sur une seule campagne, et ne permettent pas d'identifier les personnes durablement exclues du dépistage organisé.
De plus, les parcours de soins en aval du dépistage sont peu documentés à grande échelle et pourraient constituer une source majeure d'inégalités. D'une part, les analyses des parcours post-dépistage positif sont rares, parcellaires, et n'intègrent que peu les dimensions sociales et territoriales. D'autre part, la question du sur dépistage et du surtraitement, dans le cadre du dépistage du cancer du col de l'utérus, reste peu explorée à l'échelle populationnelle, malgré des recommandations claires visant à respecter les délais minima entre deux tests de dépistage et à limiter les actes diagnostiques et thérapeutiques inutiles concernant les lésions de bas grade chez les femmes jeunes.
Cette thèse propose une analyse longitudinale inédite des inégalités sociales et territoriales dans le recours au PNDOCCU et dans les trajectoires de soins post dépistage positif à partir des bases de l'EDP et des CRCDC. Elle s'articulera autour de trois objectifs complémentaires :
1. Identifier les trajectoires de non-participation récurrente, intermittente ou de sur-dépistage au DOCCU (facteurs individuels et territoriaux)
2. Étudier les trajectoires de soins après un dépistage positif, en analysant les délais, interruptions et inégalités dans la cascade de soins.
3. Caractériser les situations de surtraitement, notamment chez les femmes jeunes et les femmes présentant des lésions bas-grades, et comparer les pratiques selon le mode d'entrée dans le PNDOCCU entre dépistage spontané (adressé par un professionnel de santé) et dépistage sur invitation (invitation envoyée aux femmes non à jour de leur dépistage)
La méthodologie s'articule autour des trois axes du projet, en mobilisant les bases de l'EDP et des CRCDC, sur la période 2014-2024. Chaque axe repose sur une stratégie analytique spécifique, adaptée à ses objectifs.
- Axe 1 Identifier les trajectoires de non-participation récurrente, intermittente ou sur-dépistage au DOCCU
Population : Femmes éligibles au DCCU sur la période 2014-2024 âgées de 25-65 présentes dans l'EDP
Données : base de données EDP
Période : 2014-2024
2014 est la date de création du code de dépistage, qui nous permettra d'identifier les actes de dépistage dans la base de l'EDP
Outcome : trajectoires de participation au DOCCU, construites à partir d'une analyse de séquences avec un recul de 10 ans (les trajectoires identifiées pourront être par exemple de non-participation récurrente, intermittente ou en excès).
Méthode :
Analyse descriptive des trajectoires obtenues
Régressions logistiques multiniveaux multivariées pour identifier les profils associés aux différentes trajectoires.
- Axe 2 - Étudier les trajectoires de soins après un dépistage positif
Population :
Femmes 25-65 ans éligibles au PNDOCCU ayant eu un test de dépistage positif dans quatre régions (Centre- Val de Loire, Bretagne, La Réunion, Occitanie) ayant été volontaires et/ou pilotes au PNDOCCU avec un historique des données présents, entre 2018 et 2024.
Données : données du CRCDC
Période : 2018-2024
2018 est l'année du lancement du DOCCU avec les premières remontées médicales des données des CRCDC.
Outcome : Plusieurs variables seront calculées pour caractériser le chaînage de soins post-dépistage : délai entre le test positif et le premier examen complémentaire, interruption du parcours (absence d'acte après test positif), issue du parcours de soins (suivi complet/incomplet).
Méthodes
Description des variables caractérisant le chainage de soins post-dépistage positif selon le mode d'entrée dans le PNDOCCU, les caractéristiques sociodémographiques, l'environnement social (FDep) et l'offre de soins au niveau de la commune de résidence
Pour chaque variable caractérisant le chainage de soins post-dépistage, modélisation logistique multiniveaux (individus, commune, région) en considérant une variable sociale (ex : âge, bénéficiaire CSS, environnement social) en variable explicative pour quantifier les inégalités sociales (modèle univarié et multivarié)
Des analyses de survie seront envisagées selon les données disponibles.
- Axe 3 - Caractériser les situations de surtraitement dans le dépistage du cancer du col de l'utérus
Population : Femmes 25-65 ans dépistées pour le cancer du col ayant une première biopsie avec lésion bas-grade ou ASCUS, sur quatre régions (Centre val de Loire, Bretagne, Réunion, Occitanie) ayant été volontaires et/ou pilotes au PNDOCCU avec un historique des données présents, entre 2018 et 2024
Données : CRCDC 2018-2024.
Outcome
Sur traitement : actes invasifs non recommandés (selon les recommandations de la HAS) suivant une lésion bas grade ou transitoire. Ils seront identifiés à partir de la succession d'actes invasifs (conisation...) avec des lésions bas-grades.
Méthodes :
Description des femmes ayant eu un surtraitement
Des comparaisons seront effectuées selon : âge, environnement social (FDep), région, professionnel de l'acte de dépistage (sage-femme, MG, Gynécologue)
Modélisations multiniveaux (individus, commune, régions) multivariés
Mise en perspective avec les recommandations nationales et européennes de prise en charge (sur les lésions de bas grade).
Le profil recherché
- Master en épidémiologie/santé publique/statistique
- Connaissance de l'anglais scientifique
- Maîtrise du datamanagement de bases de données complexes
- une expérience antérieure des données médico-administratives est un plus
- Capacité au travail en équipe