Les missions du poste

Établissement : Université Paris-Saclay GS Santé publique École doctorale : Santé Publique Laboratoire de recherche : Centre de Recherche en épidémiologie et Santé des populations Direction de la thèse : Rachel NADIF ORCID 0000000349389339 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-08T23:59:59 La dyspnée, ou « essoufflement », est définie par l'American Thoracic Society comme une expérience subjective et inconfortable au cours de laquelle un individu ressent différentes sensations telles qu'une oppression, un manque d'air ou une inspiration non satisfaisante, sensations dont l'intensité peut varier au fil du temps et d'un individu à l'autre. La dyspnée chronique est un symptôme majeur en population générale où sa prévalence, bien que peu étudiée, varie de 10 à 27%. La dyspnée entraîne une altération de la qualité de vie physique et mentale et une augmentation du recours aux soins. Elle pourrait représenter un marqueur de santé globale en raison de son caractère multifactoriel et multidimensionnel et de sa relation largement démontrée avec le pronostic. Cependant, de nombreuses incertitudes subsistent concernant son évolution au cours du temps et les facteurs associés.
L'objectif général de ce projet est d'étudier l'évolution de la dyspnée, ainsi que ses déterminants au sein de la cohorte CONSTANCES.
Le projet repose sur les données de la cohorte française en population générale CONSTANCES qui a inclus, entre 2012 et 2021, 220 000 individus de 18 à 69 ans parmi ceux consultant dans l'un des Centres d'Examens de Santé participant (CES). A l'inclusion, les participants répondent à des questionnaires dont un sur la santé respiratoire et ont un examen médical complet dont des examens fonctionnels respiratoire (spirométrie). Un suivi par auto-questionnaire est réalisé tous les ans, et le questionnaire de 2024 comporte un volet complet sur la santé respiratoire dont un questionnaire de qualité de vie spécifique. Enfin, tous les 4 ans, ils bénéficient d'un nouvel examen de santé complet (réinvitation) et répondent à un auto-questionnaire qui comporte un volet sur la santé respiratoire similaire à celui du questionnaire à l'inclusion. De nombreuses données permettant l'étude des facteurs associés à l'évolution de la dyspnée sont recueillies dont des mesures biométriques, des indicateurs socio-économiques, des facteurs environnementaux, l'activité physique, les comorbidités somatiques et psychologiques, et la zone géographique. Toutes les autorisations règlementaires ont été obtenues et le consentement éclairé de chaque participant a été recueilli. Toutes les données nécessaires à la réalisation de ce projet sont disponibles.
Les analyses prévues permettront d'étudier l'évolution de la dyspnée entre l'inclusion et 2024. L'association entre l'évolution des facteurs associés à la dyspnée identifiés dans la thèse de Solène Valery et l'évolution de la dyspnée sera étudiée. Des trajectoires de dyspnée seront modélisées sur l'ensemble de la période de suivi avec une méthodologie adaptée. Les différentes trajectoires de la dyspnée seront étudiées d'une part chez les participants atteints d'asthme et d'autre part chez les participants atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). L'incidence de l'asthme et de la BPCO en 2024 en fonction de la dyspnée à l'inclusion, et son évolution de la dyspnée chez les participants sans diagnostic respiratoire à l'inclusion sera étudiée. Des graphiques acycliques orientés seront construits avant toute analyse.
Ce projet offrira une occasion unique d'améliorer les connaissances sur l'évolution de la dyspnée, et ses facteurs de risque en population générale. Il apportera également de nouvelles connaissances pour mieux appréhender ce symptôme en tant que marqueur de santé globale à l'échelle de la population générale. Les résultats sur les facteurs de risque de son évolution pourront aussi guider les arbres de décision incluant la recherche de la dyspnée dans l'évaluation de différentes situations cliniques, notamment chez les participants sans diagnostic respiratoire. La dyspnée, ou « essoufflement » se définit selon l'American Thoracic Society comme une expérience subjective et inconfortable au cours de laquelle un individu ressent différentes sensations telles qu'une oppression, un manque d'air, ou une inspiration non satisfaisante, dont l'intensité peut varier au cours du temps et d'un individu à l'autre(1). La dyspnée peut être aiguë ou chronique, et cette dernière fait l'objet d'un intérêt croissant car elle représente un handicap permanent pour les personnes qui en souffrent(2). Bien que la dyspnée soit un symptôme fréquent, bien défini et facile à repérer lorsque des questionnaires dédiés sont utilisés, sa prévalence, ses facteurs associés, son évolution et son impact chez l'adulte en population générale sont encore mal connus(3,4).
Rares sont les études en population générale ayant évalué la prévalence de la dyspnée chronique, la plupart des données disponibles provenant d'Europe du Nord et d'Australie(5,6). Deux méta-analyses récentes présentaient des prévalences mondiales estimées entre 10% et 12,5%(7,8). En France, les premiers résultats issus de la thèse de Solène Valéry ont permis d'estimer, pour la première fois, dans la cohorte en population générale CONSTANCES, la prévalence pondérée de la dyspnée à environ 11,9%(9).
La dyspnée est un symptôme fréquemment associée aux maladies respiratoires et cardiovasculaires, notamment à la Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO), à l'asthme ou à l'insuffisance cardiaque chronique(10-12). La dyspnée peut également être due à des troubles métaboliques, comme l'anémie ou les dysthyroïdies(13). Elle peut aussi être liée à l'obésité ou la sédentarité, par le biais d'un déconditionnement musculaire et/ou cardio-vasculaire(10,14,15). Pour chacune des maladies qui lui sont associées, elle n'est que très imparfaitement liée aux marqueurs physiologiques traduisant la sévérité de l'atteinte telles que les variables fonctionnelles respiratoires, la fonction cardiaque ou le taux d'hémoglobine. Cette concordance imparfaite reflète son origine multifactorielle(16). Enfin la dyspnée présente une forte composante émotionnelle nécessitant une évaluation spécifique(17-19). Les récentes analyses menées au sein de la cohorte CONSTANCES (thèse de Solène Valéry) confirment les nombreuses associations de la dyspnée avec des dimensions démographiques (sexe, âge), socio-économiques (indice de déprivation sociale, revenus, niveau d'éducation...), ainsi que clinico-biologiques et fonctionnelles (expositions toxiques, maladies cardiopulmonaires et métaboliques, dépression, profils inflammatoires, anémie, polyglobulie et altération de la fonction ventilatoire...)(9). Pourtant ce symptôme reste insuffisamment pris en compte par méconnaissance de la morbi-mortalité, de l'impact sur la qualité de vie et des coûts de santé qui lui sont liés(20,21).
Enfin, par manque de données sur le long terme, le profil évolutif de la dyspnée et les facteurs associés à cette évolution sont encore moins bien connus, y compris dans les maladies respiratoires les plus fréquentes comme la BPCO ou l'asthme(22,23).
En résumé, la dyspnée pourrait représenter un marqueur de santé globale en raison de son caractère multifactoriel et multidimensionnel et de sa relation largement démontrée avec le pronostic. Elle touche plus d'une personne sur cinq en France. Cependant, de nombreuses incertitudes subsistent concernant son évolution au cours du temps et les facteurs associés. L'objectif général de cette thèse est d'étudier l'évolution de la dyspnée, ainsi que ses déterminants au sein de la cohorte CONSTANCES.Les objectifs spécifiques du projet sont de :
1) Caractériser la dyspnée chronique au sein de la cohorte CONSTANCES en 2024, la comparer à celle observée à l'inclusion et évaluer les facteurs associés à son évolution.
2) Décrire les trajectoires de dyspnée chez les participants présentant un asthme ou une BPCO.
3) D'étudier l'incidence de l'asthme et de la BPCO en fonction de la dyspnée initiale et de son profil d'évolution chez les participants sans diagnostic respiratoire à l'inclusion.

Le profil recherché

Le/la doctorant(e) devra avoir une bonne connaissance en épidémiologie (cursus), et en santé respiratoire (expériences précédentes/formation).

Le/la doctorant(e) devra savoir coder en R ou en SAS.

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