Thèse le Rôle des Vagues d'Immigration en France dans la Construction du Nationalisme Polonais 1831-1945 H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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Les missions du poste
Établissement : Université Paris-Saclay GS Humanités - Sciences du Patrimoine École doctorale : Sciences Sociales et Humanités Laboratoire de recherche : Institutions et Dynamiques Historiques de l'Economie et de la Société Direction de la thèse : Florent LE BOT ORCID 0000000291075184 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-07T23:59:59 Depuis le XIXe siècle, la France constitue un espace majeur d'accueil des populations polonaises en Europe occidentale. Ces migrations successives, qu'elles relèvent de l'exil politique ou de l'immigration de travail, ne se réduisent pas à de simples déplacements de populations : elles participent à la persistance, à la transformation et à la réinvention du sentiment national polonais hors de son territoire d'origine. Dans ce cadre, l'immigration apparaît comme un lieu spécifique de production politique et identitaire, où se recomposent les formes d'appartenance nationale.
La disparition de l'État polonais à la fin du XVIIIe siècle, à la suite des partages entre les puissances voisines, constitue un moment fondateur. Privée d'existence politique, la nation polonaise se maintient néanmoins comme réalité culturelle et mémorielle, entretenue par les élites et les populations déplacées. L'échec de l'insurrection de 1830-1831 inaugure une phase d'exil politique massif, connue sous le nom de « Grande Émigration », qui conduit de nombreuses élites à trouver refuge en France. Ce premier moment migratoire donne naissance à des formes d'engagement fortement politisées, inscrites dans des réseaux intellectuels et militants.
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les migrations polonaises se transforment profondément avec l'arrivée de populations issues de milieux plus modestes, dans un contexte de besoins croissants de main-d'oeuvre en France. Cette diversification sociale entraîne une recomposition des modes d'expression du nationalisme. Aux formes politiques et intellectuelles portées par les élites succèdent ou s'ajoutent des pratiques plus quotidiennes, ancrées dans les sociabilités, les associations, les pratiques religieuses ou encore la presse communautaire. Ces transformations soulignent le caractère évolutif du nationalisme en situation migratoire, étroitement dépendant des contextes sociaux et des cadres d'accueil.
Les deux guerres mondiales constituent des moments de reconfiguration majeurs. Elles renforcent les liens entre la France et la Pologne, tout en intensifiant les formes d'engagement des populations polonaises présentes sur le territoire français. La restauration de l'État polonais en 1918 ne met pas fin aux dynamiques diasporiques, mais en redéfinit les modalités, notamment dans les relations entre la diaspora et la patrie d'origine. La Seconde Guerre mondiale introduit enfin une rupture profonde, liée à la recomposition politique de la Pologne après 1945.
Dans ce contexte, ce projet vise à analyser le rôle des vagues d'immigration polonaise en France dans la construction et la transformation du nationalisme polonais entre 1831 et 1945. Il repose sur l'hypothèse que les espaces migratoires ne sont pas de simples lieux d'installation, mais de véritables laboratoires où se redéfinissent les formes d'appartenance, les pratiques collectives et les engagements politiques. Une telle perspective conduit à dépasser une approche strictement territoriale du nationalisme pour mettre en évidence le rôle structurant des circulations d'acteurs, d'idées et de pratiques entre espaces d'origine et d'accueil.
L'analyse repose sur une articulation étroite entre histoire sociale et histoire politique, combinant une approche à grande échelle des cadres institutionnels et des dynamiques migratoires avec une attention fine portée aux expériences individuelles et aux pratiques concrètes. En adoptant cette double échelle d'analyse, il devient possible de saisir à la fois les logiques structurelles et les modalités concrètes de construction du nationalisme en diaspora. Inscrit dans le prolongement d'un travail de master, ce projet entend ainsi proposer une analyse d'ensemble des interactions entre migrations, structures diasporiques et construction nationale, en contribuant à combler un angle peu exploré par l'historiographie.
Axe du laboratoire en histoire sociale Renouvellement historiographique
Le profil recherché
Titulaire d'un master en histoire contemporaine, spécialité histoire sociale